Un apprentissage efficace : un webinaire met en avant les parcours de formation destinés aux jeunes et aux adultes en Tanzanie et en Afrique de l'Est
Tanzanie
Le webinaire « L’apprentissage qui fonctionne » met en lumière les parcours de développement des compétences pour les jeunes et les adultes
DVV International et MOJA ont organisé un webinaire régional pour l’Afrique de l’Est intitulé « L’apprentissage qui fonctionne : Renforcer le développement des compétences et les parcours de formation professionnelle grâce à l’éducation des adultes et à l’éducation non formelle ». Cette rencontre avait pour objectif d’examiner comment l’éducation des adultes et l’éducation non formelle peuvent mieux relier les apprenants à des compétences pratiques, aux moyens de subsistance, à l’emploi et à de nouvelles possibilités de formation.
Le webinaire a réuni des participants de toute l’Afrique, notamment des praticiens de l’éducation des adultes, des représentants des pouvoirs publics, des établissements d’enseignement et des partenaires au développement. En ouvrant la session, la directrice régionale de DVV International pour l’Afrique de l’Est a souligné l’importance croissante du développement des compétences dans le domaine de l’éducation des adultes et de l’éducation non formelle. Elle a rappelé que, dans toute l’Afrique de l’Est, de nombreux jeunes et adultes restent en dehors des systèmes d’éducation formelle ou terminent leur scolarité sans disposer des compétences pratiques nécessaires pour accéder à un emploi, créer une entreprise ou améliorer leurs moyens de subsistance.
Cette discussion intervient à un moment important pour la Tanzanie, où les politiques publiques accordent une attention croissante à la formation professionnelle, à l’apprentissage fondé sur les compétences et au renforcement des liens entre l’éducation et le marché du travail. Le webinaire a ainsi offert l’occasion de réfléchir à la manière dont les programmes d’éducation des adultes et d’éducation non formelle peuvent garantir que les jeunes déscolarisés et les adultes soient pleinement intégrés à cette dynamique de développement des compétences.
L’une des principales présentations a été assurée par Mwajuma Mohammed, de l’Institut de l’éducation des adultes (IAE), qui a partagé l’expérience de la Tanzanie avec le Programme intégré pour les adolescents non scolarisés (IPOSA). Il s’agit d’un programme gouvernemental placé sous l’autorité du ministère de l’Éducation des Sciences et de la Technologie, destiné aux jeunes de 14 à 19 ans ayant quitté le système scolaire.
Le programme offre une seconde chance aux jeunes ayant abandonné l’école, n’ayant jamais été scolarisés, ayant terminé l’enseignement primaire sans pouvoir poursuivre leurs études ou ayant besoin d’un parcours d’apprentissage plus flexible. Son programme combine quatre domaines complémentaires : l’alphabétisation, les compétences de vie, les compétences préprofessionnelles et l’entrepreneuriat.
Mwajuma Mohammed a expliqué que l’approche d’IPOSA vise à rendre les apprentissages concrets et adaptés aux réalités quotidiennes des jeunes. Les apprenants développent leurs compétences en lecture, écriture et calcul tout en acquérant des compétences pratiques pouvant déboucher sur un emploi, l’auto-emploi ou la poursuite d’une formation.
Le programme est actuellement mis en œuvre dans 30 centres, dont 27 centres ordinaires et trois centres modèles. Ces structures disposent d’ateliers, d’équipements et d’espaces de formation pratique permettant aux apprenants de développer des compétences dans des domaines tels que la couture, la menuiserie, la soudure, la maçonnerie, la mécanique, les technologies de l’information et de la communication, les activités agricoles et le développement de petites entreprises.
Elle a également présenté les clubs d’autonomisation d’IPOSA, qui permettent aux apprenants de travailler en groupe, de développer des projets entrepreneuriaux et d’accéder à des opportunités telles que les prêts gouvernementaux destinés aux jeunes ainsi qu’à d’autres formes de soutien local. Ce modèle vise à faciliter la transition entre la formation, la création d’activités génératrices de revenus et le développement de petites entreprises.
Au cours des échanges, les participants ont abordé plusieurs questions relatives à la durabilité des programmes, à l’engagement des parties prenantes, au microcrédit, à la reconnaissance des acquis et aux passerelles vers l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP). En réponse, Mwajuma Mohammed a expliqué qu’IPOSA s’appuie sur un réseau regroupant des responsables régionaux et de district de l’éducation des adultes, des agents du développement communautaire, des responsables de la jeunesse, des conseillers et d’autres acteurs locaux. Ces mécanismes contribuent au suivi des apprenants, à leur mobilisation, à leur accès aux opportunités et à la pérennité des centres.
Le webinaire a également accueilli une présentation de Geoffrey Nchimbi, du Folk Development College de Newala, qui a présenté le rôle des Folk Development Colleges (FDC) en Tanzanie. Il a expliqué que ces établissements offrent des possibilités accessibles de formation professionnelle et d’apprentissage communautaire aux jeunes et aux adultes ayant des parcours éducatifs variés.
Avec 55 établissements publics répartis sur l’ensemble du territoire, les FDC jouent un rôle important dans l’offre de formations professionnelles flexibles, d’activités de proximité et de dispositifs de seconde chance. Leurs programmes comprennent notamment la formation professionnelle, des possibilités de reprise des études secondaires pour les femmes ayant quitté l’école en raison d’une grossesse, la formation des éducateurs de la petite enfance, la vulgarisation agricole et l’éducation civique.
Les présentations ont montré qu’IPOSA et les Folk Development Colleges sont complémentaires. Alors qu’IPOSA constitue une porte d’entrée pour les adolescents non scolarisés grâce à une approche intégrée associant alphabétisation, compétences de vie, entrepreneuriat et compétences préprofessionnelles, les FDC offrent des parcours plus avancés de formation professionnelle et de poursuite des études.
À la fin du webinaire, les participants ont également découvert la plateforme MOJA, un espace de réseautage en ligne destiné aux praticiens de l’éducation des adultes à travers l’Afrique.
Les échanges ont conclu que le développement des compétences dans l’éducation des adultes et l’éducation non formelle ne peut se limiter à la seule formation. Des programmes efficaces nécessitent des facilitateurs qualifiés, des espaces d’apprentissage adaptés, des équipements appropriés, l’engagement des autorités locales, l’accès au financement, des liens avec les marchés ainsi que des passerelles claires vers la poursuite des études et l’emploi.
Le webinaire a ainsi réaffirmé l’importance de modèles d’apprentissage flexibles, inclusifs et étroitement liés aux réalités économiques. Grâce à des initiatives telles qu’IPOSA et au travail des Folk Development Colleges, la Tanzanie montre comment l’éducation des adultes et l’éducation non formelle peuvent permettre aux jeunes et aux adultes d’acquérir des compétences concrètes, de renforcer leur confiance et de construire des perspectives d’avenir plus durables.