Profil du pays AEA
Burkina Faso
Informations sur le pays
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L’Apprentissage et l’Education des Adultes (AEA) sont connus sous le nom d’« éducation non formelle ». La Politique Nationale en matière d’éducation non-formelle (ENF) est pilotée par le Ministère de l’Enseignement de base de l’Alphabétisation de de la Promotion des langues nationales (MEBAPLN) et mise en œuvre par la Direction générale de l’Éducation non formelle (DGENF). Le secrétariat permanent pour la promotion des langues nationales (SP-PLN) développe et promeut les langues nationales.
Les Ministères des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi et celui l’Enseignement secondaire et de la formation professionnelle assurent la formation professionnelle des jeunes et des adultes.
Le Plan sectoriel de l’éducation et de la formation (PSEF) 2017-2030 est le principal document de référence pour l’éducation et la formation professionnelle au Burkina Faso. Il est complété par la Stratégie nationale de développement de l’éducation non formelle (SNDENF) 2021-2025, qui met l’accent sur l’AEA.
Cette stratégie est mise en œuvre à travers des cadres nationaux qui envisagent l’ENF comme un ensemble cohérent et organisé de modalités d’enseignement-apprentissage intégrées à la vision du PSEF, à savoir :
« un système éducatif démocratique, performant, inclusif et ouvert sur le monde, développant les compétences et l’expertise nécessaires et suffisantes pour le développement socioéconomique du Burkina Faso ».
La SNDENF cherche par conséquent à bâtir des sociétés de droit où toutes les strates sociales, conscientes de leurs responsabilités, et qui coopèrent à l’affermissement de l’équilibre communautaire et au développement durable. Sa vision est :
« à l’horizon 2025, les populations bénéficient d’une offre d’éducation non formelle de qualité répondant aux exigences de l’économie et à l’expression de la citoyenneté ».
En dehors de ce document, il y a le Socle commun des compétences, qui donne des orientations claires sur les contenus à enseigner, et le décret 2009-644/PRES/MEBA/MAHRH/MASSN/MESSRS/MATD/MJE portant organisation de l’éducation non formelle.
Pour promouvoir l’AEA, le gouvernement met en œuvre divers projets et programmes dont les principaux sont :
- le programme de formation professionnelle de 5000 jeunes financé par la coopération suisse ;
- le Projet d’Apprentissage Accéléré pour les Enfants et les adolescents non scolarisés au Burkina Faso (PAAENS) financé par la Banque Islamique de Développement (BID) et la Fondation Education Above All (EAA) ; .
- le Projet de Renforcement de la Performance du système éducatif et d’amélioration de la résilience. (REPAIR).
Des supports de formation, tels que des manuels d'alphabétisation et d'enseignement de base, ainsi que divers guides (lecture, calcul, guides d'animation, etc.), sont diffusés à tous les niveaux d'apprentissage. Ces supports sont complétés par les manuels et guides du Centre d’Education de Base Non Formelle (CEBNF) mentionnés précédemment (lecture, calcul, sciences de la vie et de la Terre, de la première à la quatrième année), les modules de formation professionnelle par spécialisation, ainsi que les guides de lecture, de calcul et d’animation de la Stratégie de Scolarisation Accélérée/Passerelle (SSAP).
Société civile
De nombreux acteurs de la société civile sont également actifs dans le domaine de l’AEA. Parmi les principaux acteurs, on peut citer :
- Pamoja Afrique de l'Ouest (composée de 14 pays membres, dont le Burkina Faso), qui coordonne le volet « éducation non formelle » du Programme d'appui à la qualité de l'éducation en Afrique de l'Ouest (PRAQUE-AO) ;
- le Fonds pour l'alphabétisation et l'éducation non formelle (FONAENF), principal opérateur privé de l'État burkinabè dans le domaine de l'éducation non formelle ;
- l'Association pour la promotion de l'éducation non formelle (APENF) ; et
- d'autres ONG telles que l'Association Tin Tua et l'association pastorale « Andal & Pinal ».
Des organisations des Nations Unies telles que l'UNICEF et l'UNESCO, ainsi que des ONG internationales et des agences de coopération bilatérale, notamment la Coopération suisse, la Coopération luxembourgeoise (LuxDev), la Coopération canadienne, la Fondation Strømme et la Fondation Karanta, contribuent à la mise en œuvre de la politique gouvernementale.
Malgré les efforts considérables déployés par les acteurs de l'AEA, la population conserve une perception généralement négative de l'éducation non formelle. Cette perception est sans aucun doute liée aux conditions de travail difficiles au sein du secteur non formel, même si l'objectif de financement de 3 % pour l'AEA a été dépassé (4,95 % du budget de l'éducation – Rapport d'étude de Pamoja Education sur les modèles de financement de l'AEA en Afrique de l'Ouest). Souvent décrite comme une école de la seconde chance, l'AEA demeure utile et efficace à ce titre. Il est toutefois nécessaire d'améliorer son image.
Le contexte sécuritaire et humanitaire a considérablement réduit les domaines d'intervention de l'éducation non formelle ainsi que ses ressources financières. Il convient également de noter que la stratégie de gestion déléguée (« faire-faire ») peine à répondre aux besoins du secteur (Tableau de bord de l'éducation non formelle – Campagne 2023 – Burkina Faso).
Dans le contexte actuel du pays, l'éducation non formelle revêt une importance particulière. Les perspectives d'avenir sont les suivantes :
- la mise en œuvre du triptyque (alphabétisation, formation professionnelle et intégration socio-économique), qui associe les connaissances aux possibilités de subsistance offertes aux individus grâce à la mobilisation de leurs compétences ;
- compte tenu du nombre élevé d'enfants et d'adolescents non scolarisés (plus de 42 % des enfants de 6 à 16 ans et 42,2 % des enfants de 6 à 11 ans étaient non scolarisés en 2021, selon l'EADE 2021 – Enfants et Adolescents en Dehors de l’Ecole), il convient d'accorder une importance particulière à la promotion et au développement de la formation professionnelle.
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